Atlas nocturne / Paris Métropole Sud


Notice de projet

Objectifs

Relier des lieux d’activités nocturnes, qui comme nous l’avons vu, sont pour l’instant recroquevillés sur eux-mêmes, sans prise en compte du territoire qui l’entoure et des autres activités proches.

Retourner l’infrastructure qui, au lieu d’isoler, de séparer, devrait lier, assurer une continuité et un contact.

Mettre en évidence l’existence et l’intérêt d’un territoire médiant, intermédiaire ignoré par ceux qui le traversent ( syndrome du déplacement d’un point à un autre par la voiture, moyen de transport individuel et individualiste)

Créer des flux de déplacement sur un autre mode que la stricte efficacité, sur la dérive, temporaires mais qui suggèrent la possibilité d’une considération, d’une conception différente du territoire et ce de manière permanente.

Conséquences / Prise de position

La nuit, envers du jour, libération des contraintes de la vie professionnelle, sphère de l’intime, occasion de la transcendance de soi, de la disgression, de « l’anti ».

Prise de position contre le centre commercial et les équipements associés mais projet pourtant intimement lié et conditionné à la présence de carré sénart. développement d’un anti-centre commercial (au sens d’inverse et non pas de considération politique anticapitaliste)

Projet dans un premier lieu pour les habitants des villes nouvelles de sénart : créer une centralité non plus seulement mercantile et vécue individuellement mais aussi une centralité récréative et vecteur de socialité / sociabilité pouvant aussi interesser dans un deuxième temps une plus grande couronne de population, de grande banlieue et de Paris, en mettant l’accent sur le caractère innovant de l’expérience culturelle.

Projet destiné donc aux municipalités des villes nouvelles de Sénart.

Learning from Carré Sénart

A propos de la nuit en grande banlieue : Carré Sénart, positionnement stratégique d’une centralité qui se manifeste tres différemment de la ville historique : pas de densités croissantes concentriques plus l’on se rapproche du centre mais au contraire, structure isolée, entourée non seulement d’un vide de construction mais aussi d’un vide d’activités, d’occupations sociales et d’interprétations collectives et individuelles

Rôle prépondérant de l’infrastructure, (parking, routes à 4 voies, pont, rer…) vécue quotidiennement mais peu prise en considération, ni d’un point de vue pratique ni d’un point de vue poétique (ou en tous cas récréatif, symbolique…)

Place importante de l’image, (publicité, signalétique,…) vécue de manière passive sans prise de décision, tant sur le sens, l’esthétique, l’interprétation…

Dispositif

Jouer sur des extraits cinématographiques, des courts-métrages choisis en fonction du lieu où sera implanter l’écran, et essayer de réinjecter notre expérience lors de la première nuit (« qu’est-ce qui nous amène ici en pleine nuit ? »), toujours dans le but de questionner et valoriser le territoire nocturne.

Même schéma reproduit sur la gare de Lieusaint-Moissy et la ville de Lieusaint. Créer ainsi trois pôles assez forts, et ensuite les relier entre eux en racontant une histoire plus globale, plus itinérante.

Simplicité du message pour chaque écran nécessaire pour que les spectateurs fassent des liens entre les écrans, entre les lieux, créent leur propre récit, et ainsi une expérience unique.

Quelle valeur de ces remarques et intentions sur d’autres échelles et d’autre territoires ?

Considérations valables pour la plupart des grands centre commerciaux nouveaux, de banlieue, construits hors des zones urbaines denses ( quelque soit la forme de densité : pavillonnaire, industrielle,…) en particulier dans les villes nouvelles plus largement les remarques valent pour l’infrastructure en général et le dispositif pourrait s’étendre de manière mouvante sur un territoire d’échelle plus large, requestionnant le lien ville centrale/infrastructure./banlieue, à travers la mise en abîme du paysage péri-urbain et de ses interprétations et conséquences sociales La nuit devient le territoire privilégié de cette remise en question, rendant possible de se délaisser pour les populations visées de notion d’éfficacité / d’utile, sans oublier, voire découvrir, l’existence d’une activité professionnelle nocturne indispensable au bon déroulement du jour

Le paysage nocturne, coulisse et transfiguration du territoire de la grande banlieue.



Carte des installations sur le territoire de Sénart

carte projet final

Chaque installation est composée d’un ou de plusieurs écrans, diffusant un extrait de film en résonance ou en opposition au site ou un court-métrage relatant notre expérience nocturne sur ce territoire.

Liste possible des oeuvres projetées :

- Crash, David Cronenberg, 1996

- Blade Runner, Ridley Scott, 1982

- Playtime, Jacques Tati, 1967

- La nuit du chasseur, Charles Laughton, 1955

- Mulholland Drive, David Lynch, 2001

- Les lumières de la ville, Charles Chaplin, 1931

- 2046, Wong Kar-Wai, 2004

- Citizen Kane, Orson Welles, 1941

- L’homme à la caméra, Dziga Vertov, 1928

- L’ami américain, Wim Wenders, 1977

- Les grands espaces, William Wyler, 1958



Simulations de trois configurations d’installations possibles

Simulation de trois configurations possiblesSur le parking de Carré Sénart,

 

LieusaintDans le centre-ville de Lieusaint,

 

Gare de Lieusaint-MoissyDevant la gare de Lieusaint-Moissy.



Communication de l’événement sous forme de prospectus

prospectus recto to print

prospectus verso to print



Carré Sénart : un nouveau centre névralgique de la nuit en grande couronne ?
décembre 12, 2008, 1:48
Classé dans : Groupe 01 (C. Chevalier/M. Gillet/K. Lê/P. Montfort/M. Nemeta)

 

Au cours de notre premier parcours nocturne, qui reliait Lieusaint, Villeneuve, Rungis et Orly, nous n’avions pu nous rendre sur le site de Carré Sénart, important centre commercial de la grande banlieue sud. Créé comme une centralité pour l’ensemble des villes nouvelles de Sénart, celui ci développe de plus en plus son extension nocturne à travers une diversification d’activités de loisirs.

Il nous avait donc semblé particulièrement intéressant d’explorer ce territoire afin de qualifier son activité et de comparer ses modalités d’accessibilité, de relations à l’environnement, etc. à celles d’autres pôles nocturnes comme Rungis ou Orly.

Cependant lors de notre premier parcours, nous nous étions confrontés de manière brutale à un problème simple mais insurmontable : celui de la distance et de l’absence totale de liaisons de transports publics entre la gare RER de Lieusaint Moissy –la plus proche de Carré Sénart- et le centre commercial. Une des photographies sélectionnées mettaient en évidence la séparation visuelle à la fois de la grande distance et de l’obscurité décourageante de l’espace entre nous et les lumières de la zone d’activité.

Notre constat était donc que cet équipement, entièrement pensé pour les habitants de la grande banlieue répondait donc uniquement à la logique de la banlieue, -pour ce qui est de la nuit en tous cas- et imposait en cela le moyen de transport automobile individuelle comme évidence.

Notre démarche dans un second temps est donc au départ de Paris de rejoindre la gare de RER de Combs la Ville, où nous avons pu avoir la voiture de Maya. L’évidence est frappante : le territoire semble tout de suite plus accueillant ou en tout cas moins hostile : le manque d’éclairage ne se fait plus sentir, les distances s’écrasent, longer les entrepôts de Parisud nous laisse presque indifférent, au mépris de l’activité importante des quais en train d’être chargés. Il faut évidemment reconnaître que l’on devient moins attentif au paysage… Le conducteur et les passagers ne sont bien plus que dans une parenthèse entre un point de départ et une destination.


1. Carré Sénart

Mardi soir à l’heure de la dernière séance de cinéma : le centre est vide même si dans l’absolu il y a ici plus de monde que la totalité des personnes rencontrées lors de notre première nuit. C’est d’ailleurs toute l’ambiguité du lieu : le parking est immense, sur plusieurs niveaux, mais le bâtiment ne donne jamais l’impression d’une énormité écrasante. Dès la sortie de voiture, le piéton retrouve sa légitimité : cheminements, passerelles, signalétique vers l’entrée et ainsi de suite à l’intérieur. A l’inverse, il est impensable de passer d’un niveau de stationnement extérieur à un autre et encore moins d’un parking à un autre sans emprunter sa voiture.

L’interieur développe une stratégie stricte de séparation Jour/nuit identifiée par la présence littérale d’un rideau, cloisonnant l’espace accessible après la fermeture des magasins. Outre quelques devantures fermées justement, on y trouve restaurants et cinémas. Ces derniers n’apportent pas nécessairement grand intérêt d’un point de vue des rapports sociaux au sein de cet espace nocturne : on y arrive anonymement en voiture, on n’y rencontre personne, on repart une fois le film terminé.

Ce qui est plus subtil, c’est l’occupation de l’espace « public » si l’on peut le qualifier ainsi, c’est à dire les allées entre les magasins : sur les bancs, des groupes de jeunes sympathisent, se séduisent. Ils ne se connaissent pas visiblement. On imagine que les allées de Carré Sénart constituent un point de rencontre possible, cet espace étant le seul gratuit et libre de la zone.

 

2. Autour du centre commercial

Entre deux point séparés de quelques mètres, on reprend la voiture, c’est la règle, tacite et justifiée ici par le temps peu agréable. Mais ceci nous dit aussi le rapport extrêmement individuel du visiteur au lieu et aux autres qui l’occupent.

Des restaurants indépendants du centre commercial s’organisent en une île régulière, déployant de larges terrasses, mais cette boite « restaurants » ne regarde jamais la boîte « centre commercial » qui d’ailleurs lui tourne le dos.

C’est la même stratégie d’isolation qui opère sur le bowling, encore un peu plus à l’écart. La boîte intègre cette fois le restaurant, et de nombreuses pistes de bowlings et petits équipements de loisirs. La présence d’alcootests suggère la conception d’un lieu comme extrêmement pensé dans la logique automobile évoquée plus haut.

Il semble de plus en plus évident au fil de cette observation que toutes ces boîtes s’agglomèrent pour sembler former un ensemble attractif, un pôle, mais dans la réalité il s’agit d’une proximité d’entités se tournant le dos.

 



2e excursion – Carte du parcours
décembre 11, 2008, 5:24
Classé dans : Groupe 01 (C. Chevalier/M. Gillet/K. Lê/P. Montfort/M. Nemeta)

Carte du parcours - 2e excursion

legende de la carte - 2e excursion



Zoom Carré Sénart
décembre 11, 2008, 8:00
Classé dans : Groupe 01 (C. Chevalier/M. Gillet/K. Lê/P. Montfort/M. Nemeta)

cs_plan-situ3

 

 

I like the peace
in the backseat,
I don’t have to drive,
I don’t have to speak,
I can watch the country side,
and I can fall asleep.

In The Backseat – Arcade Fire

 



ZOOM GARE DE LIEUSAINT-MOISSY
décembre 11, 2008, 6:00
Classé dans : Groupe 01 (C. Chevalier/M. Gillet/K. Lê/P. Montfort/M. Nemeta)

Gare de Lieusaint-Moissy



Illustration des évènements observés à Carré Sénart
décembre 11, 2008, 12:40
Classé dans : Groupe 01 (C. Chevalier/M. Gillet/K. Lê/P. Montfort/M. Nemeta)

carre-senart1

Que se passe-t-il à Carré Sénart la nuit ?



Photographies d’une situation. Carré Sénart, la gare et la ville nouvelle.
décembre 10, 2008, 11:27
Classé dans : Groupe 01 (C. Chevalier/M. Gillet/K. Lê/P. Montfort/M. Nemeta)

45

Parking du centre commercial Carré Sénart. 22:45

A l’extérieur, sur le parking du niveau 2, un champ de lampadaires éclairent la nuit et les quelques voitures stationnées. Cette concentration de l’éclairage, reflétée par la pluie, donne l’impression d’un lieu sécurisé. 

 

50

Centre commercial Carré Sénart. 22:50

A l’intérieur, toutes les boutiques sont fermées. Seuls le cinéma et les restaurants sont encore en activité. La galerie commerçante est clotûrée par une paroi translucide sur ses deux niveaux. Si le centre commercial est vide, les panneaux publicitaires fonctionnent encore. Une affiche immobilière annonce des immeubles de logement allant « du studio au 4 pièces » à Lieusaint, « en cœur de ville ». 

 

55

Hall du cinéma Gaumont. 22:55

Peu de monde dans le hall du cinéma ce mardi soir. Tout est fait pour que l’individu se repère facilement, des flèches de néons et des marquages au sol indiquent la direction à suivre.

 

00

Parking du centre commercial Carré Sénart. 23:00

Au premier plan, les quelques voitures informent la quantité d’individus présents dans les cinémas et restaurants. Au fond, les nouvelles boutiques de Carré Sénart 2, accessibles depuis la route et disposant de leur propre parking.  A droite, l’éolienne éclairée en vert, symbole du centre commercial.

 

00

Parking du centre commercial Carré Sénart. 23:00

En arrière plan, éclairé en bleu, le bowling ouvert depuis moins de deux ans. 

 

Place des Restaurants et bars

Place des restaurants extérieurs au centre commercial. 23:20

Pour les fêtes de fin d’année, des cerfs illuminés de guirlandes vertes sont placés aux quatre coins du centre commercial. Ces décorations sont clairement pensées pour être vues la nuit, puisqu’elles sont faites de lumière.

 

35

Intérieur du bowling de Carré Sénart. 23:35

A l’intérieur du bowling, on observe une vingtaine de personnes alors qu’il s’agit d’un soir de semaine.  

 

35

Intérieur du bowling de Carré Sénart. 23:35

A la sortie du bowling est affiché un panneau d’information concernant la conduite en état d’ivresse, problème majeur des jeunes aujourd’hui, surtout dans des villes comme Lieusaint où la voiture est indispensable pour se déplacer.

 

05

Gare de Lieusaint-Moissy. 00:05

Le long des voies ferrées, une enfilade d’arrêts de bus s’étend jusqu’à l’entrée de la gare. La nuit, avec la pluie, les néons sont encore plus éblouissants, comme si toute cette lumière assurait la sécurité du lieu.

 

05

Gare de Lieusaint-Moissy. 00:10

Au centre de la route bordée par ces arrêts de bus, l’éclairage et la perspective donne l’impression d’une piste de décollage. 

 

25

Centre-ville de Lieusaint. 00:25

Des rues vides. La teinte des rares décorations de Noël et des lampadaires contraste avec la blancheur de l’éclairage de l’agence immobilière. On observe une rue fortement marquée par deux traitements différents de la lumière.

 

30

Centre-ville de Lieusaint. 00:30

Sur la place, seules les boutiques au rez-de-chaussée sont éclairées. On perçoit à peine les étages supérieurs de l’immeuble. Au quatrième niveau, un balcon décoré pour les fêtes rappelle la présence d’habitations.

 

45

Quartier résidentiel de Lieusaint. 00:45

Il s’agit de l’entrée d’une résidence. Celle-ci est très éclairée, comparée à la voie principale sur laquelle elle donne, où les lampadaires sont plus éloignés et moins vifs.