Classé dans : Groupe 03 (F. Boily / E. Critchley-Caron / E. Stradiot / I. L. Sorgeloos) | Mots-clefs: atlas, exploration, nuit
L’exploration nocturne permet de poser un regard nouveau et différent sur un territoire, un lieu souvent déjà connu sous la lumière du jour, mais selon différentes textures et tonalités. Les objets apparaissent la nuit sous une nouvelle forme, plus atténuée et discrète, où les détails sont dissimulés. Ainsi, l’absence de lumière ambiante rend plus difficile l’identification des lieux et des objets puisque qu’ils apparaissent plutôt comme des ombres, des masses obscures, plus ou moins semblables les unes aux autres.
De ce fait, pour nous, étudiants ERASMUS qui ne connaissent pas exactement bien la ville et donc, encore moins ses périphéries et ses banlieues, l’expérience nocturne de Paris s’est avérée certainement différente des habitués parisiens. Si ce n’est que par la question d’orientation durant la nuit dans une ville étrangère; donc une adaptation aux transports publics et de leur fonctionnement durant la nuit, de leur nouveaux itinéraires, et ainsi, la découverte de nouveaux territoires.
De plus, l’idée de sortir du périphérique nous est apparue encore plus singulière, dans le mesure où nous ne connaissons même pas ces zones périurbaines de jour. Notre premier regard sur ces spécificités urbaines fut donc absolument nocturne, donc sans idée préconçues du lieu. La découverte d’un nouveau réseau, d’une nouvelle densité, d’une nouvelle communauté et ce, dans la pénombre d’un désert inconnu, sans repère.
La question de signalétique, déjà plutôt présente dans notre quotidien diurne, a perduré durant cette excursion. Cet aspect d’orientation dans la ville la nuit, le fait de toujours avoir à demander notre chemin pour pouvoir parvenir à destination ( soit le marché international de Rungis ) nous a extrêmement ralenti dans notre parcours. Nous avons manqué le dernier métro, qui nous aurait permis de nous rendre beaucoup plus rapidement et facilement. Notre itinéraire s’est donc limité à ce lieu, puisqu’il a fallu faire deux fois plus de transferts que prévus et que le plus clair de notre temps fut alloué à cette recherche d’arrêts du Noctilien, à la demande de renseignements aux passants et au personnel de la RATP. Nous avons tourné en rond sans cesse, usé de beaucoup de patience et de persévérance suite à ces Parisiens qui ne pouvaient pas nous guider.
Arrivés à destination, un étonnement face à autant d’animations et d’agitations dans un secteur restreint, comme un enclos d’activités multiples et inattendues de notre part. Autant de mouvements, de gens affairés à leur boulot, une telle densité d’infrastructures, un flux important de camions et de marchandises. Cette agitation gagne notre curiosité et nous réanime néanmoins, étant un peu anéantis par le transport et les multiples détours. D’autant plus que dès que nous débarquons du bus, un accident de voiture était survenu. Drôle de premier aperçu du lieu : une vingtaine de travailleurs autour de la dépouille de la voiture, fumant bonnement leur cigarette. Bilan appris un peu plus tard.. 1 mort.
Nous avons ensuite déambulé dans le marché, se sentant plutôt intrus sur ce territoire où tout le monde marchait d’un pas déterminé et étaient occupés à leur tâches. Nous nous sommes sentis d’autant plus étrangers lorsqu’après avoir discuté avec un boucher, nous nous sommes retrouvés sous un éclairage complètement stérile, entourés de porcs suspendus, défilant rapidement sous nos yeux et ces nombreux bouchers travaillant à la chaîne, ne se rendant pratiquement pas compte de notre présence. Une atmosphère absolument contrastée, froide et embarrassante. Le second lieu visité était également très mouvementé et il nous apparaissait tout aussi étonnant de voir autant de gens dans un restaurant à cette heure. Ces hommes ( car il n’y avait absolument aucune femme ) semblaient à leur tour, très étonnés de nous voir entrer aussi tardivement dans un tel endroit. L’ambiance y était toutefois beaucoup plus accueillante et chaleureuse.
Le reste de l’excursion fut plutôt la découverte d’un territoire désertique, dépourvu de gens et d’agitations. Nous avions à ce moment davantage l’impression de voir la nuit en banlieue, telle que nous l’imaginions, contrairement aux lieux précédemment visités où une telle activité nous renvoyait l’image du jour, si ce n’est que l’absence de la lumière qui nous rappelait la nuit. Nous avons marché un bon moment sans jamais rencontré qui que ce soit, se sentant minuscules dans ces parkings déserts ou longeant ces autoroutes dénaturées, sans aucune voiture les empruntant.
Le retour vers le centre de Paris fut tout aussi complexe que le début du parcours, dans la mesure où nous ne savions pas quel Noctilien s’y rendait réellement et qu’arrivés à Châtelet, bien que nous savions quel bus nous devions prendre, nous n’arrivons pas à trouver l’arrêt. Une fois l’arrêt trouvé et le bus arrivé, nous nous sommes rendus compte que ce n’était pas celui qui allait dans la bonne direction, mais nous avions déjà fait dix minutes du trajet. Donc la même galère repris son cours : détours, demandes d’informations aux passants, attente…
















